Le guide complet des Invalides

J'ai passé vingt-deux ans à trier des boîtes d'archives dans une aile de ce bâtiment, et j'habite depuis rue Saint-Dominique. Chaque jour, je vois la même scène sur l'esplanade : des gens photographient le dôme doré depuis le Pont Alexandre-III, traversent la cour, constatent que c'est immense, et repartent. Ils n'ont vu ni le tombeau ni un seul canon de la collection. Ce site existe pour dire cette phrase avant la visite, pas après.
Ce n'est pas un musée, c'est une petite ville
L'Hôtel national des Invalides couvre treize hectares et abrite encore des éléments qui n'ont rien à voir les uns avec les autres : quatre espaces muséaux, une cathédrale paroissiale militaire en activité, une église royale sous un dôme doré, les archives de la défense française, le gouverneur militaire de Paris, et une maison de soins où vivent réellement des militaires blessés. Ici, on ne « fait pas le musée » en une heure ; on choisit ce que l'on va voir. Ce qui est accessible aux visiteurs est détaillé sur la page que voir.

Ce qui est gratuit et ce qui est payant
La limite est simple, et presque personne ne la connaît avant d'arriver. Gratuit, sans billet : l'esplanade, les douves sèches et leurs canons de bronze, la grande cour, et la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides — l'église des soldats, celle ornée des drapeaux pris à l'ennemi. Ce pour quoi vous payez, c'est tout ce qui se trouve derrière une porte contrôlée : le musée de l'Armée, le Dôme et son tombeau, le musée des Plans-reliefs, le musée de l'Ordre de la Libération et l'Historial Charles de Gaulle. La liste complète se trouve sur la page des accès gratuits.
Un billet, quatre musées
C'est le point que je répète le plus souvent, et celui qui plaît le plus aux visiteurs : il n'existe pas de billet séparé “tombeau de Napoléon”. Le billet d'entrée du musée de l'Armée donne également accès au Dôme, aux plans-reliefs, à l'Ordre de la Libération, à l'Historial Charles de Gaulle et aux expositions temporaires. Ceux qui cherchent un prix pour le tombeau seul cherchent quelque chose qui n'existe pas. Ce que couvre exactement le billet est détaillé sur sa propre page.
Le Dôme et ce qu'il contient
Jules Hardouin-Mansart a construit l'église royale entre 1677 et 1706 ; Charles de La Fosse a peint la coupole. Le dôme a été doré en 1706, puis sous Napoléon en 1807, puis sous Napoléon III en 1869, et enfin en 1989 — cette campagne a utilisé 12,65 kg d'or. Sous la coupole, vous ne regardez pas une simple dalle au sol : vous vous penchez sur la balustrade d'une crypte ouverte, creusée dans l'église en 1842, où repose un sarcophage en quartzite rouge sur un socle de granite vert, entouré de douze Victoires en marbre de Pradier. Le corps se trouve à l'intérieur, dans une série de cercueils emboîtés — nous les comptons sur cette page.

Napoléon est arrivé ici vingt ans après sa mort
Il est mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821. Le retour des cendres a été négocié sous Louis-Philippe ; le cercueil est remonté les Champs-Élysées et est entré à l'Hôtel national des Invalides le 15 décembre 1840, par un froid glacial, devant une foule immense. Le tombeau de Visconti, cependant, n'a été achevé qu'en 1861 : entre-temps, le corps a attendu dans une chapelle latérale. Cet intervalle explique beaucoup de choses sur la disposition du Dôme — la page du tombeau suit ce fil conducteur.
Il n'est pas seul là-dedans
Vous venez pour un homme et vous en trouvez une vingtaine. Sous le Dôme et dans ses chapelles : Turenne et le cœur de Vauban, tous deux transférés ici par Napoléon lui-même ; son fils Napoléon II, l’Aiglon, ramené de Vienne en 1940 ; ses frères Joseph, roi d’Espagne, et Jérôme, roi de Westphalie ; les généraux Bertrand et Duroc ; les maréchaux Foch et Lyautey. La liste, avec ce que chacun y fait, se trouve sur la page des sépultures. Qui n’est pas ici : Napoléon III, enterré en Angleterre, et le général de Gaulle, inhumé à Colombey.
Le musée de l’Armée est plus vaste que ce à quoi l’on s’attend
Les visiteurs prévoient une heure et ressortent au bout de trois, ou bien n’en font qu’un tiers et regrettent le reste. Il y a en réalité plusieurs musées empilés les uns sur les autres : les armes et armures du XIIIᵉ au XVIIᵉ siècle, les deux grands départements — de Louis XIV à Napoléon III, et les deux guerres mondiales — l’Historial Charles de Gaulle au sous-sol, et tout en haut, sous les combles, les plans-reliefs : les maquettes à l’échelle des villes fortifiées de Louis XIV, dans une salle presque obscure. Mes conseils sur la durée de la visite se trouvent sur la page dédiée.

Le quartier représente la moitié de la journée
L’Hôtel national des Invalides n’est pas une île. Le musée Rodin et son jardin de sculptures se trouvent à quatre cents mètres le long de la rue de Varenne ; le pont Alexandre-III et le Grand Palais sont de l’autre côté de l’esplanade ; le Champ-de-Mars et la tour Eiffel sont à un quart d’heure de marche vers l’ouest. Beaucoup de visiteurs font les Invalides le matin et Rodin l’après-midi : c’est la meilleure demi-journée du 7ᵉ arrondissement, et je l’explique sur la page Rodin.
Ce que je dirais à quelqu’un qui vient une seule fois
Entrez par la Place Vauban si le tombeau est votre priorité, par l’esplanade si c’est la cour. Commencez par le Dôme, tant que la lumière est encore basse et que les groupes de touristes ne sont pas arrivés. Traversez ensuite la cathédrale Saint-Louis, qui ne coûte rien et que tout le monde ignore. Montez voir les plans-reliefs, même pour quinze minutes. Gardez le département des deux guerres mondiales pour la fin, car il est long et vous y entrerez fatigué. Et sortez par les douves, parmi les canons : c’est là que vous comprenez enfin l’ampleur du lieu.
Prêt à réserver ?
Le billet d'entrée donne accès au musée de l'Armée, au Dôme et au tombeau, aux plans-reliefs, à l'Ordre de la Libération et à l'Historial Charles de Gaulle. Les six formules sont comparées sur la page des réservations, et ce billet est détaillé sur sa page dédiée.
Questions fréquemment posées
Ce guide remplace-t-il une visite guidée ?
Non. Cette page prépare la visite ; un guide la raconte sur place. Les formats sont comparés sur cette page.
Combien de temps faut-il prévoir au total ?
Deux à quatre heures. Une heure suffit pour le Dôme seul : les détails sont sur la page durée de visite.
Par où commencer si vous n'avez qu'une heure ?
Le Dôme et le tombeau, puis la cathédrale Saint-Louis en sortant. L'itinéraire complet est sur la page que voir.